Plus tard, je serai… fleuriste

Chers lecteurs, je vous propose, pour ce premier article de l’année, de rencontrer Marie, ancienne directrice d’hôpital, devenue comédienne puis fleuriste, aujourd’hui installée dans le 5ème arrondissement parisien.

A la célèbre question « que veux-tu faire plus tard ? » posée par les adultes aux enfants, Marie répondait systématiquement « clown ». Les années passent et la réponse ne change pas. Ce que les adultes trouvaient mignon à l’âge de 5 ans les surprend désormais, ils répètent « mais vraiment Marie, quel métier veux-tu faire plus tard ? ». La réponse persistait et l’enfant attendait patiemment que ses parents l’inscrivent à l’Ecole du cirque.

Marie, brillante à l’école, n’est jamais inscrite au cours de cirque et entre à Sciences Po après son bac. Elle rejoint quelques années plus tard les bancs de l’Ecole Nationale de Santé publique à Rennes (aujourd’hui Ecole des hautes études en Santé publique) pour suivre la formation de directrice d’hôpital, fonction qu’elle exercera pendant de nombreuses années.

Cependant, l’idée de devenir clown et de battre les planches n’a pas disparu de son esprit. Elle décide de prendre une disponibilité de plus de dix ans pour démarrer une carrière de comédienne. La jeune femme se forme au cours Florent et rejoint plusieurs projets sur scène et devant la caméra. Si parmi ces derniers, certains lui tiennent à cœur, elle comprend rapidement que pour vivre de ce métier, il faut porter ses propres projets. L’idée de créer une histoire dont elle serait le chef d’orchestre, le metteur en scène, commence à faire son nid.

A la fin de sa disponibilité, la comédienne doit faire un choix entre retourner à l’hôpital ou continuer à jouer. Elle choisit le premier et rejoint un établissement au nord de Paris. Le retour, plus difficile qu’elle ne l’avait imaginé, la rend malade et en quelques mois, un médecin lui demande de s’arrêter. Pouvant alors ne penser qu’à elle et réfléchir à ses ambitions, elle entre dans une phase de contemplation rêveuse et réfléchit longuement à la suite de son histoire.

C’est alors qu’une fulgurance la frappe. En passant devant le local du boulevard Port Royal, situé à côté des hôpitaux Val-de-Grâce et Cochin et de maisons funéraires, elle est prise d’une révélation « il faut une boutique de fleurs ! ». Ses talents de comédienne lui permettent d’obtenir tous les financements nécessaires à la réalisation de son projet. La fleuriste en devenir entreprend une formation, apprend rapidement aux côtés d’artisans parisiens et ouvre les portes de sa boutique.

Aujourd’hui, Muscari est un lieu de jolies choses, un jardin d’hiver où se côtoient fleurs et objets chinés dans une ambiance très paisible. Véritable repère de quartier on s’y arrête après avoir fait son marché à Port-Royal, on flâne, on discute un moment et on repart avec un magnifique bouquet de fleurs françaises. Pour Marie, il était essentiel de faire revivre une filière nationale valorisée par le collectif de la fleur française et de ne proposer que des fleurs de saisons. Avant un dîner, on pousse les portes de Muscari pour acquérir un joli « muxu » (« baiser » en basque) qui ravira notre hôte. Le concept ? Un mini bouquet de fleurs fraîches ou séchées dans un joli soliflore chiné par Marie en brocante.

Lors d’une discussion tardive un soir d’été, Marie réalise et me confie « en fait Estelle, j’ai créé mon propre théâtre ! Regardez la vitrine où les passants font office de spectateurs, la décoration toujours changeante les planches en chêne que j’ai faites poser au sol, et l’arrière-boutique qui fait office de coulisses. Je tiens le premier rôle et les clients qui vont et viennent sont autant de personnages qui me donnent la réplique. Ensemble nous jouons une pièce improvisée qui jamais ne finit ! ». Le rêve de la petite fille se serait-il réalisé ?

Alors que la Saint Valentin approche, si vous êtes sur Paris, je vous invite à pousser les portes de ce jardin dans la ville et à prendre votre place sur la scène Muscari.

Chers lecteurs, j’espère que le parcours hors du commun de Marie vous a touchés. Je vous propose de découvrir plus en détail son univers sur son compte instagram et son site internet.

Je vous souhaite un très beau dimanche, 

A bientôt,

Estelle

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Plus tard, je serai … feutrière

Chers lecteurs, 

En cet après-midi de décembre, partons ensemble à la découverte de l’activité de Jenny, feutrière, fondatrice de Mo Créations Feutrées, installée dans le Limousin.

La rencontre entre Jenny et le feutre est pour le moins originale et j’ai hâte de vous la conter. Depuis son plus jeune âge, Jenny aime modeler, créer de ses mains et s’intéresse très tôt aux différentes matières naturelles. Après un bac d’arts appliqués, elle s’oriente vers des études d’arts plastiques puis d’histoire de l’art et devient rapidement une archéologue spécialisée. Ses différentes expériences en France et de l’autre côté de la Méditerranée la conduisent à développer une expertise de la céramique antique et médiévale. Touchée par la préciosité des pièces sur lesquelles elle travaille, elle s’émeut des marques laissées par les artisans à l’œuvre des siècles voire des millénaires plus tôt. Ses dessins d’archéologue, auxquels elle s’attelle avec précision (peut-être un peu trop selon ses professeurs), mettent en lumière les gestes des créateurs. Arrive un temps où elle souhaite se tourner vers un travail manuel, passer de l’autre côté de l’étude. Elle envisage alors les métiers de la terre, la poterie lui semble une évidence.

Cependant, l’histoire prend un autre chemin lorsque, avec son compagnon, Jenny entreprend de vivre dans une yourte kirghize, une yourte qu’ils auraient construit eux-mêmes. Le projet les conduit à Colpo, en Bretagne, aux côtés de Nicolas Poupinel berger, tondeur de moutons, expert lainier et fabricant de yourtes. L’apprentissage du travail du feutre commence alors pour Jenny, puisque c’est le feutre qui enveloppe la structure de la yourte et qui assure son isolation. Elle se passionne très vite pour cette matière qui semble se plier à tous ses désirs.

La feutrière en herbe entame ensuite une formation au travail de la laine dans tous ses états (tricot, matelassage, feutre, couture…). Son appétence pour le feutrage se confirme et plus particulièrement pour celui de la laine. Le feutre naît de son mélange avec l’eau et le savon. Les trois éléments sont travaillés de façon unique et personnelle par les feutrières pour ouvrir les volumes et donner vie à la matière. Elle poursuit son apprentissage pendant plusieurs années, grâce à des stages auprès de feutrières renommées en parallèle de son activité d’archéologue, affinant ses connaissances et ses techniques. Six années après la découverte en Bretagne, elle crée son entreprise et installe son atelier à domicile.

Les créations de Jenny se révèlent tout en légèreté et sensibilité. Son passé d’archéologue et sa passion historique pour la céramique se devinent dans son travail. La recherche du beau, du détail et de la grâce la guident dans chacun de ses projets. Ses promenades et expériences personnelles, passées et présentes, ne cessent de l’inspirer. Avec ce matériau « aux expressions folles » elle crée des objets de décorations, comme d’adorables petits vases, cache-pots et sculptures, des accessoires de prêt-à-porter ainsi que des projets uniques, grandioses, pour les expositions auxquelles elle participe. La créatrice se rapproche d’artisans locaux pour proposer des créations en plusieurs matériaux telles que des étagères en bois et laine nées de son travail conjoint à celui d’un ébéniste. Pourquoi d’ailleurs ne pas envisager un travail de la terre et de la laine ?

De nos jours, le travail du feutre est peu répandu en France, beaucoup moins qu’en Allemagne où il est enseigné très tôt à l’école primaire. Toutefois, si Jenny devait donner un conseil à quelqu’un souhaitant se lancer dans cet univers, elle lui dirait simplement « de croire très fort en ce qu’il fait pour surmonter les obstacles sur son chemin ».

Jenny était sélectionnée pour exposer au célèbre Caroussel des métiers d’art cet automne, malheureusement annulé en raison du risque sanitaire qui fait aujourd’hui partie de notre quotidien. Vous pouvez néanmoins retrouver les créations de Jenny sur son site internet et dans plusieurs boutiques de sa région, notamment la Main Française à Limoges, le 17 Octobre à Brive la Gaillarde, et la boutique Pierre à Monaco.

Chers lecteurs, j’espère que cette découverte vous a plu, j’ai adoré écouter Jenny me partager son parcours et j’espère avoir réussi à vous le partager également, 

J’espère sincèrement que vous avez passé un merveilleux Noël et vous souhaite à toutes et tous une belle fin d’année,

Prenez soin de vous, 

Estelle

Toutes les images sont au crédit d’Emmanuelle Mayer

Sélection d’idées cadeaux pour une naissance

Chers lecteurs,

Il y a quelques mois, je suis devenue tata. Commença alors la recherche de petits cadeaux artisanaux et français pour gâter cette petite fille qui venait de pointer le bout de son nez. Je vous partage aujourd’hui quelques idées cadeaux pour tout-petits. Belle lecture !

Un sac à dos ou un tapis d’éveil signé C Toute Une Histoire

Caroline était infirmière et a toujours baigné dans la couture. Autour d’elle, les naissances se sont multipliées et pour chaque petit bout d’chou qui venait au monde, elle cousait une pièce unique : un sac à dos, une gigoteuse, une peluche… Face aux réactions des gens lorsqu’elle offrait ses créations, l’idée de se consacrer à temps plein à la couture a fait son chemin. C’est en juin 2018 qu’elle a officiellement créé C Toute Une Histoire, sa boutique de créations cousues main pour petits bébés. Elle quitte alors le milieu hospitalier qu’elle associe à la maladie, à la tristesse, pour le monde des naissances, celui « de la vie, de la douceur, de la naïveté. de la légèreté, des bisounours ». Bref, elle s’éclate totalement dans sa nouvelle activité et coud de très jolies et très mignonnes pièces pour les tout-petits. Je fonds complètement pour les petits sacs à dos en forme d’animaux ou les tapis d’éveil personnalisés. Bien qu’elle travaille essentiellement sur commande et souhaite faire des pièces uniques, vous pouvez retrouver les créations de Caroline à Nancy, dans la boutique Les Zinzolines.

Un jeu en bois pour petits et grands signé Wyly

Petit neveu et neveu d’artisans ébéniste et menuisier, Willy a passé beaucoup de temps dans leurs ateliers. S’il a, en grandissant, exercé plusieurs métiers différents, il a toujours tenu à travailler le bois à titre personnel. En 2017, il entreprend de suivre une formation en ébénisterie chez les Compagnons du devoir. L’idée de créer des jeux en bois était déjà bien ancrée en lui. Un an plus tard, au sortir de sa formation, il se lance dans la commercialisation de jeux. Il s’inspire de jeux traditionnels mais espère pouvoir un jour en concevoir de A à Z. Sa spécialité ? Le multi-jeux, un plateau en double face proposant au total 6 jeux. Idéal pour Papa et Maman une fois que bébé est couché ! Pour les plus petits, il conseille le jeu « le petit cheval » (ou « charge la mule »), un petit cheval en bois de hêtre limousin sur lequel les enfants viennent poser un à un des petits rondins, celui qui fait tomber la charge a perdu !

Vous pouvez retrouver les créations de Willy (les jeux, dont plein de nouveautés arrivent pour Noël, mais aussi des pièces en marqueterie) à la boutique La ronde des créateurs à Turenne et sur son site internet.

Amusez-vous bien !

Un carnet de santé personnalisé signé La Petite Étoile

Bérengère a toujours été très manuelle, manipulant la pâte à sel, créant des bijoux ou s’exerçant à la peinture sur porcelaine. Malgré cette appétence, elle entreprend des études de droit et part travailler à l’étranger. Lors de son retour en France, elle peine à trouver un emploi dans sa branche et devient nounou pour des amis. Elle ne saurait vraiment expliquer comment est arrivée la couture, c’est allé très vite. Une amie lui a demandé de coudre une gigoteuse, ce qu’elle l’a fait, puis ses proches, en voyant ses créations, l’ont encouragée à créer son entreprise. Aujourd’hui entièrement consacrée à la couture, elle crée pour les petits des gigoteuses, des doudous, des anneaux de dentition et surtout des protégés carnet de santé et je trouve cette idée formidable et surtout utile. On garde un carnet de santé toute sa vie, autant qu’il soit joliment décoré :).

Vous pouvez retrouver les créations de La petite étoile dans les boutiques toulousaine Hauts les Mains et Blanc de Falaise. Vous pouvez contacter Bérengère directement par e-mail à l’adresse lapetiteetoile@gmail.com

Un rêve à suspendre signé Popotame et Koala 

Élise crée des suspensions personnalisées entièrement faites à la main, chez elle, à Lyon et c’est super mignon ! Comme c’est le cas de plusieurs créateurs de cette sélection, Elise a commencé par créer des petits cadeaux pour ses proches qui l’ont rapidement encouragée à lancer son entreprise. Si elle créait au départ des doudous, elle propose aujourd’hui essentiellement des suspensions murales très poétiques et entièrement personnalisables. Elle s’inspire des saisons, des animaux mais aussi beaucoup des idées de ses clientes. Un cadeau très original et très joli !

Chers lecteurs, j’espère que cette petite sélection vous a plue. A titre personnel, si j’ai adoré offrir des cadeaux au petit bébé juste né, j’ai aussi tenu à offrir un petit moment de douceur au papa et à la maman (eh oui, je trouve qu’on pense beaucoup à bébé mais les parents méritent eux aussi un petit cadeau !). Alors pourquoi pas offrir un joli bouquet de naissance, un bijou, un instant de relaxation en institut ou thalasso, un jeu de société… aux jeunes parents ?

Je vous souhaite un merveilleux dimanche,

A très vite,

Estelle

Rencontre avec Laure, fondatrice de la Fabrique Singulière

Je vous retrouve aujourd’hui pour un entretien avec Laure, fondatrice de La Fabrique Singulière. Après une carrière dans une grande maison de luxe, Laure a pris une année pour aller à la rencontre des acteurs des métiers d’art avant de lancer son entreprise à l’idée de génie : être à la rencontre des maisons de luxe (mais pas que) et des artisans d’art français, afin de créer des cadeaux et expériences d’exception destinés à la clientèle des premières. Entretien.

Première question, comment t’est venue l’idée de La Fabrique Singulière ?

Lorsque j’ai quitté Chanel, je me suis demandé comment concilier mon expertise professionnelle et mon amour pour les produits d’excellence et l’artisanat d’art. J’avais beaucoup travaillé avec les créateurs maison et les Maisons d’Art et j’avais développé une forte sensibilité pour les savoir-faire et les très beaux produits.

Pendant une année, j’ai entrepris une véritable immersion dans le secteur de l’artisanat d’art : j’ai visité des ateliers, accompagné dans son développement une artisane maroquinière, je suis allée à des conférences sur des sujets très variés, j’ai rencontré des organismes au service des métiers d’art et surtout j’ai rejoint l’association Artisans d’Avenir. J’ai ainsi pu prendre véritablement conscience des enjeux et des spécificités du secteur.

Petit à petit, l’idée de rapprocher artisans d’art, maisons d’excellence et clientèle d’exception a germé dans mon esprit. C’est ainsi qu’est née La Fabrique Singulière. 

J’ai lancé l’entreprise début 2020. C’est extrêmement réconfortant et gratifiant de savoir que ce que j’aime faire et ce que je sais faire sont réunis dans ce projet. 

Quels sont tes clients ? 

Je prospecte auprès de maisons qui souhaitent chouchouter et fidéliser leurs clients et leur propose des cadeaux et expériences sur-mesure et personnalisés, créés et pensés pour leurs clients et pour leur marque. Je me suis d’abord tournée vers le luxe car c’est le milieu dont je viens et je connais bien les enjeux liés à la fidélisation de la clientèle d’exception. Puis j’ai rapidement élargi à d’autres secteurs d’activité qui ont tous pour point commun d’entretenir des relations privilégiées et de proximité avec leurs clients, comme par exemple les agences immobilières, les cabinets d’avocat, de conseil …

Quel est l’objectif de La Fabrique Singulière ?

L’objectif est d’amplifier les liens et l’émotion entre une maison et son client en racontant une histoire, en transmettant des valeurs autour de savoir-faire d’excellence. La Fabrique Singulière joue un rôle de facilitatrice entre des maisons qui veulent proposer des cadeaux et des expériences exclusifs à des clients très courtisés et des ateliers d’artisans d’art français aux savoir-faire remarquables. J’accompagne les artisans dans la conception, la création et la fabrication et les maisons dans leurs relations avec leurs clients. 

Avec l’artisanat d’art, le champ des possibles est immense puisqu’il y a 281 savoir-faire différents. Pour chaque maison, on peut imaginer une création unique et spécifique, parfaitement juste par rapport à ses valeurs et ses attentes.

Comment travailles-tu avec tes clients ? 

La Fabrique Singulière propose aux maisons de travailler selon une méthodologie en cinq chapitres. Le premier est une phase exploratoire autour de la marque, ses valeurs, celles de ses clients… Vient ensuite la phase de recommandation durant laquelle je sélectionne un ou plusieurs artisans et propose des projets spécifiques et en cohérence parfaite avec les attentes de la maison. Le troisième chapitre est le développement : je me fais le relai entre l’artisan et la maison afin que l’artisan puisse se consacrer à la création et la fabrication. Ensuite, se déroule la phase dite de déploiement durant laquelle j’accompagne la maison dans la valorisation du cadeau auprès de ses clients, notamment grâce au storytelling, les rencontres avec les artisans, les expériences… Enfin, je termine avec une phase d’évaluation, pour mesurer l’impact du projet avec les équipes internes.

Voudrais-tu revenir sur ton engagement auprès d’Artisans d’Avenir ?

J’ai rejoint l’association en 2019. Nous sommes une équipe de dix bénévoles passionnés aux compétences complémentaires. L’objectif de ce réseau est d’activer l’artisanat d’art. Nous aidons les artisans d’art à chaque moment important de leur parcours afin de favoriser leur réussite et la transmission des savoir-faire. Nous nous adressons aux personnes en reconversion qui ont besoin d’être guidées dans leur réflexion, aux artisans qui s’installent et veulent réussir le lancement de leur activité et à ceux, déjà installés, qui veulent se développer. 

Pour ma part, j’ai participé à l’élaboration du programme Impulser, j’aide à la recherche de mécènes, à l’organisation des événements et des Live, à la construction de la Newsletter mensuelle et j’administre la page LinkedIn de l’association… 

Chers lecteurs, j’espère que cette découverte vous a plue. Laure m’a partagé ses passions et a réussi à créer un métier au service de celles-ci, n’est-ce pas merveilleux ! Cette présentation peut vous sembler manquer d’exemples concrets, puisqu’en effet, Laure est soumise à des règles de discrétion. Peut-être puis-je vous suggérer, en cette approche de la période des fêtes, d’imaginer un coffret en marqueterie pour contenir des petits chocolats divinement délicieux, des décorations aériennes et colorées en verre soufflé à la bouche, une boîte à bijoux façonnée dans l’atelier d’un ébéniste ou d’un céramiste ? Je pense que ce sont des exemples d’attentions que pourrait concevoir La Fabrique Singulière ! Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez visiter dès maintenant le site de l’entreprise, sa page linkedin ou sa page instagram.

Je vous souhaite un merveilleux week-end,

A bientôt,

Estelle

Plus tard je serai… tisserande

Chers lecteurs,

Je vous retrouve aujourd’hui, après un petit temps d’absence, pour vous partager le parcours de Françoise, tisserande installée dans la belle région du Lubéron, Pays de Forcalquier.

L’histoire de Françoise est celle d’un coup de foudre. Pour son anniversaire, elle reçut, de la part de son mari, un métier à tisser. Elle qui jamais n’en avait eu l’utilité et n’avait appris à s’en servir se sentait appelée par l’activité du fil, ses techniques et jeux de couleurs. Son époux sachant faire les choses en grand, il avait choisi pour elle un exemplaire d’une rare beauté. Plus que centenaire, fabriqué par un ébéniste de talent, passé entre les mains de tisserands passionnés, le nouvel outil de Françoise semblait avoir une âme. La tisserande en devenir se donna alors le devoir de faire vivre ce métier : l’aventure commençait tout juste.

Curieuse et autodidacte, Françoise débuta son apprentissage dans les livres avant de suivre quelques stages auprès de professionnels de sa région. Le Pattern book, LA Bible du tisserand décrivant les installations du métier selon le motif souhaité, l’a guidé dans ses premiers pas. C’est dans L’harmonie des couleurs qu’elle a pu prendre conseil pour réunir ses premières collections de fils. Enfin, L’histoire visuelle de l’art avait constitué pour elle la base de sa culture artistique nécessaire à une création enracinée.

Son inspiration, Françoise la tire de son environnement. Installée dans le Lubéron-pays de Forcalquier, elle est entourée de champs très colorés sur lesquels le soleil aime se reposer. Entre la mer, la montagne et le ciel, son atelier est idéalement situé pour qu’elle puisse recourir à toutes les ressources de l’imagination puisées dans la nature.

Françoise crée, principalement pour des particuliers, des écharpes, des coussins, des tableaux… Aimant à se renouveler, le confinement avait été pour elle le moment idéal pour s’essayer à la confection de tapis. Aussi, cherche-t-elle en permanence à utiliser de nouvelles techniques, à travailler des fils différents. Elle donne une importance particulière à l’histoire de ses fils, qu’elle aime notamment ramener de ses voyages. C’est ainsi qu’elle a pu enrichir sa collection de soie du Laos ou de coton en Ikat du Guatemala.

Si elle se fournit en matières premières colorées aux quatre coins du monde, Françoise s’attelle depuis quelques années à la teinture de ses propres tissus. Lors d’un marché de créateurs, une touriste américaine qui s’était arrêtée sur son stand lui avait parlé du shibori Arashi, une technique japonaise ancestrale très précise, notamment utilisée dans la confection des kimonos, consistant en un pliage très particulier du tissu avant trempage dans un bain de teinture, souvent indigo. Pour aller au bout de l’exercice, et dans une démarche d’artisanat local, Françoise s’est approchée d’un producteur d’indigo établi à quelques kilomètres de chez elle. Ses shiboris du Lubéron-pays de Forcalquier sont aujourd’hui très en vogue.

Françoise cherche à toujours pousser le travail du fil, celui du métier à tisser et n’a cesse de découvrir et appliquer des nouvelles méthodes et techniques. La tisserande adore se réunir avec des consœurs et découvrir qu’un travail, par le passé très encadré par les maîtres tisserands, dévoile aujourd’hui de nombreuses singularités selon les us de chacun. Elle me raconte que le groupe de tisserandes dont elle fait partie avait acheté un fil de soie-bambou, chacune repartant avec son petit paquet de fils. Elles s’étaient réunies plus tard pour partager leurs créations : les résultats étaient incroyablement différents.

Enfin, si la tisserande devait donner un conseil sur son métier, celui-ci serait « d’écouter ce qu’il a envie de faire, de ne pas se laisser embrigader par les injonctions du métier. D’essayer, de comprendre pourquoi le résultat attendu n’est pas là ». Elle conclue « il faut aimer, ne pas compter ses heures. Tisser, tisser, et encore tisser. Surtout, il ne faut pas avoir peur de se sentir légitime ».

Chers lecteurs, j’espère que cette découverte vous a plu. Si découvrir le travail de Françoise vous chatouille, elle expose régulièrement dans les salons de créateurs de Provence. Le prochain est prévu à Pernes les Fontaines (Vaucluse) du 23 au 25 octobre 2020 . Elle propose également, au sein de son atelier ou à domicile, des ateliers de tissage « do it yourself ». Vous trouverez toute son actualité sur son site internet et sa page Instagram.

Je vous souhaite un merveilleux dimanche,

Estelle

Plus tard je serai… maroquinière

Chers lecteurs,

Aujourd’hui je vous propose d’aller à la rencontre de Catherine, créatrice de l’atelier de maroquinerie durable et éco-responsable Mauve et Fauve. J’ai eu l’immense joie de pouvoir me rendre directement sur son lieu de travail en région nantaise, à proximité de mon lieu de confinement. Visiter les ateliers m’avait manqué et je remercie Catherine de m’avoir accueillie.

C’est au cœur des vignobles du Muscadet que je m’étais avancée pour la rencontrer, dans le domaine viticole qu’elle avait hérité de ses parents et qui abrite maintenant sa fabrique. Née dans une famille de vignerons, Catherine était destinée à reprendre les rênes de l’exploitation familiale. Pourtant, petite fille, la création, l’art, la mode, l’animaient. Elle se souvient encore créer elle-même les robes de ses poupées avec les tissus et autres matériaux qui se trouvaient sur son chemin. Elle rêvait alors d’être costumière ou styliste. Mais les liens familiaux l’avaient finalement emporté et, marchant dans les pas de ses parents, elle avait endossé la charge coutumière. En parallèle, elle attisait sa flamme créatrice en dessinant et cousant bijoux et vêtements pour ses proches. Les grandes femmes de la mode l’avait toujours inspirée, de Coco Chanel aux égéries, et admirait la manière dont ces femmes avaient su séduire et s’imposer. Elle ne percevait pas la mode comme un simple détail, et considérait au contraire qu’« un secteur à l’impact aussi économique et écologique ne peut pas être un détail ».

L’aventure viticole terminée, Catherine dut trouver une nouvelle voie. Elle ne souhaitait désormais plus faire de concession avec ses rêves de toujours; elle reviendrait à ses passions d’enfance. Elle explora la bijouterie et la couture sans y retrouver tant d’intérêt. Elle s’essaya à la maroquinerie lors d’une journée découverte des métiers du cuir auprès d’un maroquinier spécialiste du tannage végétal, s’initiant aux multiples techniques de travail des peaux. L’expérience fut extrêmement intense. Catherine en ressortit convaincue ; pour elle, ce sera la maroquinerie.

Elle poursuivit son apprentissage par deux stages dans l’atelier d’une maroquinière installée dans le Maine et Loire. Persévérante et perfectionniste, elle ne cesse de s’exercer de retour à la maison, afin de parfaire sa maîtrise des gestes.


Elle crée son entreprise en 2018 et installe son atelier sur le domaine viticole familial. Elle souhaite proposer des pièces durables à sa clientèle « j’aime savoir que ma cliente portera une manchette dans quelques années avec le même plaisir que lorsqu’elle l’a achetée ». La magnifique manchette Iris (dont le nom est inspiré par Kate Winslet et Iris Apfel) est son produit phare, sa signature. Disponible dans différents cuirs et tannages, elle habille élégamment tous les poignets. Catherine propose aussi de la petite maroquinerie (porte-clés, porte-cartes…) et des sacs à main. Elle réalise la plupart de ses sacs sur-mesure. Souvent, le travail de dessin débute par les confidences de la cliente : quels sacs aime-t-elle ? Entretient-elle beaucoup son sac (pour décider le tannage adéquat, le tannage végétal par exemple se patine et évolue avec le temps) ? A-t-elle des enfants en bas-âge (pour définir la forme du sac, plutôt un sac en bandoulière pour une jeune maman) ? Est-ce un sac de jour ou de nuit ? Dans quel domaine travaille-t-elle ? Etc. Des réponses aux questions, un sac va se dessiner. La créativité ne quitte jamais Catherine, toujours un carnet de dessin à la main pour croquer ses idées, ses inspirations.

Notre discussion nous emmène ensuite vers des sujets plus généraux : les initiatives nées durant le confinement, la reconversion vers l’artisanat, l’accompagnement des artisans par les institutions, la valorisation du savoir-faire, le référencement, la détermination de ses prix. Au début de notre rencontre, Catherine m’a fait visiter son atelier, me présentant les multiples étapes nécessaires à la confection d’une pièce de maroquinerie : le dessin, le patron, le choix du cuir, du tannage, le parage du cuir, le point sellier (lui-même extrêmement minutieux et exigeant une longue attention), la teinture, l’encollage, le limage, etc. Le travail du cuir requiert une longue attention et une minutie hors pair. Savoir valoriser justement le temps passé à la confection (sans même prendre en compte la phase de création, extrêmement chronophage et précieuse) est une des principales problématiques de l’artisanat aujourd’hui). Catherine ajoute à ces nombreux sujets le désir de s’inscrire dans une démarche responsable écologiquement.

Notre rencontre touche à sa fin. J’interroge la créatrice sur les conseils qu’elle souhaiterait proposer à quelqu’un attiré par les métiers du cuir : « Il ne faut pas hésiter, surtout il faut avoir confiance en soi. Il est nécessaire de prendre le temps de réfléchir à ses envies, d’être animé, prendre beaucoup de conseils autour de soi. Il faut s’affirmer et, vraiment avoir confiance en soi même si cela ne va pas de soi ». A bon entendeur…

Je remercie encore une fois Catherine pour son accueil, sa douceur et sa sympathie. Les créations Mauve et Fauve sont disponibles sur le site internet de la créatrice. Vous pouvez aussi suivre l’actualité de Catherine sur compte Instagram . La maroquinière posera cet été ses valises à l’événement Métiers d’Art sur Loire les 11 et 12 juillet au château de la Droitière et durant les journées du patrimoine au château du Coing.

Chers lecteurs, j’espère que cette découverte vous aura plu. C’est toujours un plaisir pour moi de vous les partager. Je suis désolée d’avoir été un peu tardive sur cette publication, mon travail m’a beaucoup occupée ces derniers temps. Promis, plein de projets se dessinent et j’espère revenir vers vous rapidement !

Je vous souhaite une belle fin de week-end,

À bientôt,

Estelle

Une sélection de cadeaux pour combler votre papa

Chers lecteurs,

La fête des papas approche, un peu timidement certes, mais dimanche prochain on célébrera nos papounets… Vous cherchez une idée originale, fabriquée main et unique ? Pour cela je vous propose une sélection de cadeaux pour le combler.

Un marque-pages en bronze signé Frédérique Tilly

Je vous proposais les créations de Frédérique Tilly pour la fête des mamans, on la retrouve pour la fête des papas.

Frédérique Tilly est une artiste née. Un peu touche à tout, elle a rejoint des troupes de théâtre, chanté dans la rue, travaillé dans une carterie. Un jour, pour les besoins d’une amie, elle se rend chez un ciseleur de bronze. Incroyable, elle sait déjà manier tous les outils, elle a le sentiment d’être née pour ce métier. Le bronzier lui propose de revenir, elle se forme à ses côtés. Elle rejoint ensuite un grand atelier pour compléter son apprentissage. 6 ans plus tard, elle ouvre son propre atelier. 

Désormais, elle ne s’interdit rien. Fascinée par toutes les possibilités offertes par le bronze, elle crée, en série ou sur-mesure, pour des particuliers.  La bronzière a aussi eu la joie de travailler pour des lieux prestigieux tels que l’Ambassade de Suisse ou encore le célèbre hôtel George V. La créatrice propose des marque-pages en bronze, en forme de plumes. Un cadeau fin et délicat pour accompagner les lectures, au coin du feu ou dans un hamac au fond du jardin, de votre papa.

Une ceinture personnalisée signée Atelier Guillocher

Aurélia travaillait à Paris dans un bureau dans le secteur bancaire. Elle a décidé de suivre son conjoint à Rennes, et ce déménagement fut l’occasion d’entamer une reconversion professionnelle. La créatrice se cherche, touche un peu à tout puis se rend au salon Révélations au Grand Palais qui, cette année-là, met à l’honneur les métiers du cuir. C’est une évidence. La créatrice entreprend alors un CAP maroquinerie avec la Mairie de Paris et lance, fin 2019, sa marque Atelier Guillocher. Dans son atelier, elle confectionne, entièrement à la main, ceintures, porte-clés et petits chaussons pour bébé. Tous les produits sont personnalisables avec un marquage doré ou argenté. Désireuse de s’inscrire dans une démarche responsable, Aurélia propose des accessoires en cuirs majoritairement français, tannés près de Rennes et surtout elle tient à proposer des pièces intemporelles. « Acheter moins mais acheter mieux » est son mantra. Installée à Rennes, elle est aussi exposée dans la chouette boutique French Blossom. Une ceinture française et personnalisée pour votre papa, n’est-ce pas un cadeau chic et durable ?

Une bougie boisée signée Fraendi Candles

Justine est française, installée à Amsterdam depuis deux ans, et c’est une super copine. Un jour, en cuisinant avec son amoureux Ramon, et toujours pleine d’imaginations, elle se dit « mmmh pourquoi n’essayons-nous pas de faire des bougies ? ». Le projet du couple démarre, inspirés par la mode Hygge des pays scandinaves, ils créent la marque Fraendi. Le concept ? Des bougies en cire végétale, diffusant une atmosphère chaleureuse dans votre intérieur. Ce que j’adore, c’est la mèche en bois qui fait un délicieux petit crépitement et vous baigne dans une ambiance boisée. Vous pouvez également ajouter un message personnalisé sur le couvercle. Une attention qui séduira forcément votre papa.

Un instant avec un artisan grâce à WeCanDoo

Votre papa aime l’artisanat et aimerait découvrir un métier en particulier ? Offrez-oui un atelier avec un artisan grâce à WeCanDoo. Votre papa chéri pourra visiter un atelier, travailler une pièce unique et répartir avec sa création ! Comme le promet le concept « au-delà de la découverte de techniques de fabrication artisanale, ces expériences sont des moments conviviaux et de partage qui permettent de s’évader dans l’histoire de ces femmes et ces hommes qui font l’Artisanat aujourd’hui. Le format va de quelques heures à plusieurs jours selon le savoir-faire et la nature de l’objet réalisé. » Assembler son vin rouge à Bordeaux, réaliser son whisky à Paris, préparer ses croissants et pains au chocolat à Lille, créer une pièce en céramique à Nice, ou encore tailler son couteau à Lyon, il y a forcément un atelier qui plaira à votre papa.

Chers lecteurs, j’espère que cette petite sélection vous a plu ! N’hésitez pas à me dire en commentaires quel cadeau vous allez offrir le dimanche 21 juin.

Passez une très belle semaine. Prenez soin de vous et de vos proches,

Estelle

Kiss My Story filme la créativité

Chers lecteurs, 

Je vous propose aujourd’hui d’aller à la rencontre de Buu, fondateur de Kiss My Story. Si vous ne connaissez pas encore ses vidéos, je vous conseille vivement d’aller les visionner. Buu met en valeur la créativité et la création de celles et ceux qu’ils rencontrent dans des vidéos douces, intelligentes, et remarquables. 

Comment est arrivée l’idée de créer Kiss My Story ?

J’ai fait une école de commerce, l’EDHEC, puis j’ai travaillé en agence de publicité pendant une quinzaine d’années. Mes clients étaient principalement des grandes marques internationales et industrielles. Petit à petit j’ai eu envie et besoin de faire autre chose, peut-être quelque chose qui avait plus de sens pour moi. J’ai commencé à m’interroger « Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que je sais faire ? Comment le faire différemment ? ». C’est ainsi qu’a émergé l’idée de Kiss My Story : raconter des histoires, ce qui était déjà mon travail de publicitaire, mais maintenant au service de plus petites marques et créateurs avec lesquels je suis davantage en empathie. En soi, je n’ai pas changé de métier, le métier de publicitaire étant d’aider des marques et des personnes à communiquer,  je le fais juste différemment.

Crédits @kissmystory

Comment rencontres-tu les créateurs avec lesquels tu travailles ?

Beaucoup par Instagram qui est un réseau social formidable pour découvrir des créateurs et des artistes. La mise en relation et les premières discussions se font  très rapidement et très simplement.

Quels sont les coulisses d’une vidéo ? 

Un film requiert plusieurs semaines de travail. Des premières discussions pour mieux comprendre le travail et l’univers du créateur. Et puis à partir de là je commence à imaginer comment mettre l’histoire en image et en mots. C’est le travail préparatoire avant le tournage. Une fois que les images sont tournées, il y a le montage à partir des plans retenus, c’est peut-être ce qui est le plus long car à partir de ce qui a été tourné, les possibilitées de montage sont infinies. Ensuite une fois que le montage est terminé, les images sont corrigées plan par plan, plus ou moins de couleurs, plus ou moins de contrastes, etc… Enfin, le travail sur le son et la musique.

Chaque réalisateur a sa patte dans la façon de filmer ou de raconter une histoire. Par exemple, j’aime quand les couleurs sont moins contrastées que dans la réalité. Je cherche avant tout à créer une émotion, c’est ce qui permet de créer de la valeur au delà de la qualité intrinsèque de son produit pour une marque ou de son oeuvre pour un artiste. Et c’est ce qui va rendre un film mémorable. Aujourd’hui, il y a tellement de contenus sur les réseaux sociaux, si ce qu’on crée n’est pas mémorable ça ne sert à rien.

Crédits @kissmystory

Quels sont tes futurs projets ? 

J’ai plein d’idées et d’envies: raconter des histoires dans différentes disciplines: la peinture, la musique, la danse, le parfum, la cuisine etc… Un portrait culinaire que j’aimerais filmer différemment, quelque chose de plus “mental”, pas un tutoriel de cuisine !

Souhaites-tu ajouter quelque chose sur la période que nous vivons ? 

On est certainement en train de vivre un moment, une période historique, un moment charnière peut-être. On redécouvre toute l’utilité sociale de plein de métiers. On avait déjà commencé à redécouvrir et regarder différemment les petits métiers, les petits créateurs et artisans, j’espère qu’ils auront encore plus d’attention dans le futur.

Crédits @kissmystory

Chers lecteurs, j’espère que cette rencontre vous a plu. Je continuerai d’aller à la rencontre d’entrepreneurs et organisations qui ont choisi de se mettre au service des métiers d’art, je pense notamment à La Fabrique Singulière, Artisans d’Avenir, The French Makers, et plein d’autres.

Je vous souhaite une belle fin de journée,

A très vite,

Estelle

Une sélection pour célébrer les femmes de votre vie

Chers lecteurs,

Tic tac tic tac, la fête des mamans approche ! Vous êtes à la recherche d’une idée cadeau pour votre maman chérie, la maman de vos enfants ou toute autre femme de votre vie ? Je vous propose une petite sélection de créations artisanales et françaises, qui sauront, je l’espère, plaire aux femmes qui vous entourent et les surprendre !

Une pièce de maroquinerie signée Mauve et Fauve

Après des années dans la viticulture, Catherine, passionnée de mode depuis toute petite, créatrice dans l’âme, a ouvert il y a quelques années son atelier de maroquinerie Mauve et Fauve. J’ai eu la chance de me rendre dans son atelier nantais il y a peu (un article arrive très vite) et de découvrir l’univers de la créatrice, les outils qu’elle utilise et d’être sensibilisée aux techniques rigoureuses du métier.

La signature de Catherine ? La magnifique manchette Iris, entièrement créée à la main, confectionnée à partir de chutes de cuir des grandes maisons. Une pièce unique et intemporelle ! Catherine propose également d’autres pièces de maroquinerie telles que des porte-clés encore une fois entièrement créés à la main, dont le laçage révèle toute la minutie et la finesse de la créatrice ou encore des pochettes et sacs à main.

Un bijou en plumes signé Fabienne Fleury

Fabienne Fleury, convaincue du pouvoir de l’art dans le soin, s’était dirigée vers le métier de psychomotricienne. Plus tard, subjuguée par l’émotion ressentie durant une exposition au Grand Palais, elle décide de se tourner vers le métier de la plumasserie. Passionnée, tout son environnement est source d’inspiration. Elle crée sur mesure des boucles d’oreilles, colliers, broches ou encore bijoux de cheveux dans laquelle elle assemble plumes et nacre en harmonie. Des pièces d’une extrême élégance !

Un vaporisateur à parfum signé Atelier Guillot

A Paris dans le Marais, au fond d’une petite cour au charme fou, Isabelle et Christophe Guillot vous accueillent dans leur atelier d’orfèvrerie. C’est ici qu’ils restaurent, selon des savoir-faire appris depuis plus de vingt-cinq ans, des pièces d’orfèvrerie et notamment… des vaporisateurs à parfum ! N’est-ce pas une idée originale et plaisante ? Plusieurs modèles sont disponibles à l’atelier, peut-être aurez-vous la chance de tomber sur des modèles estampillés Baccarat, Lalique, Saint Louis ou encore Gallé. 

Un bijou signé Muriel Biraghi

Petite, Muriel rêvait de se diriger vers les métiers d’art, à l’époque, être souffleur de verre l’attirait particulièrement. Finalement, ce fut la joaillerie. Dans son atelier d’Aix en Provence, Muriel Biraghi confectionne des bijoux couture. Elle aime travailler les matières nobles, délicates et lumineuses : créer avec des pierres semi-précieuses et des fils saupoudrés d’or ou d’argent est sa signature. Je trouve particulièrement jolis les bracelets proposés par la créatrice.

Un bijou en laiton, bronze ou argent signé Frédérique Tilly

Frédérique Tilly est une artiste née. Un peu touche à tout, elle a rejoint des troupes de théâtre, chanté dans la rue, travaillé dans une carterie. Un jour, pour les besoins d’une amie, elle se rend chez un ciseleur de bronze. Incroyable, elle sait déjà manier tous les outils, elle a le sentiment d’être née pour ce métier. Le bronzier lui propose de revenir, elle se forme à ses côtés. Elle rejoint ensuite un grand atelier pour compléter son apprentissage. 6 ans plus tard, elle ouvre son propre atelier.

Désormais, elle ne s’interdit rien. Fascinée par toutes les possibilités offertes par le bronze, elle crée, en série ou sur-mesure, pour des particuliers.  La bronzière a aussi eu la joie de travailler pour des lieux prestigieux tels que l’Ambassade de Suisse ou encore le célèbre hôtel George V. La créatrice propose depuis quelques semaines une nouvelle collection de bagues et boucles d’oreilles qu’elle souhaite plus abordable, plus simple, sans toutefois oublier sa touche d’originalité.

Un abat-jour signé Macrealux

Marie-Pierre, que j’ai eu la joie de rencontrer (en visio, crise sanitaire oblige), a lancé il y a un peu plus de deux ans son entreprise de confection d’abat-jour. Dans son atelier d’Angoisse, elle confectionne sur-mesure ou en toute petite série des abat-jour classiques et contemporains, en prenant toujours soin d’utiliser des matériaux naturels, le liège ou le papier par exemple, manufacturés localement.

Marie-Pierre aime particulièrement bousculer les codes de son domaine et a créé sa collection de lampes à poser dépourvues de carcasse métallique. Osé et original, j’adore !

Chers lecteurs, j’espère que cette petite sélection vous a plu ! N’hésitez pas à me dire en commentaires quel cadeau vous allez offrir le 7 juin. Je reviens vers vous très prochainement avec une sélection pour les hommes de votre vie !

Passez une très belle journée. Prenez soin de vous et de vos proches,

Estelle

Plus tard, je serai … plumassière

L’atelier de Fabienne Fleury

Chers lecteurs,

Aujourd’hui je vous propose d’aller à la rencontre de Fabienne, psychomotricienne convaincue du pouvoir de l’art dans le soin devenue plumassière. 

Fabienne a grandi dans un petit village, au milieu des champs, imprégnée par un jardin où elle passait beaucoup de temps. Le papa de sa meilleure amie était luthier et y avait ouvert son atelier dans lequel il travaillait avec de nombreux matériaux et fournissait la marqueterie, la lutherie ou encore la bijouterie. La petite fille adorait y passer ses mercredi et samedi après-midi, à observer les artisans créer de la matière. Elle se souvient encore aller, voulant les imiter, chercher de l’argile dans les champs et s’amuser à la sculpter.

La petite fille grandit, contourna ses premiers émois et se dirigea vers le métier de psychomotricienne. Cependant, profondément marquée par ses premières expériences artistiques, elle en avait acquis la conviction du pouvoir bénéfique de l’art dans le développement infantile. Son mémoire de fin d’études l’avait amenée à s’intéresser à la libre expression par la peinture chez les jeunes enfants. Ainsi avait-elle poursuivi dans cette idée en invitant régulièrement une plasticienne qui ouvrait la possibilité d’expérimentation libre de matériaux lors d’ateliers avec les jeunes enfants.

En 2005, l’exposition “Les Arts des Amérindiens du Brésil” au Grand Palais, à laquelle elle se rend avec la plasticienne, la guide sur le chemin des plumes. La splendeur des parures exposées l’émeut. Elle n’avait alors jamais pensé que la plume put être la matière première d’une si puissante forme d’expression artistique. En parallèle, sa carrière évolue, les années passent et Fabienne ne se retrouve plus vraiment dans son activité qui ne prenait plus assez en compte l’humain à ses yeux.

En 2016, Fabienne lance son entreprise de plumasserie. Elle commence dans son salon, en autodidacte, avant de suivre une formation du GRETA. C’est auprès du grand plumassier Dominique Pillard, qui a travaillé auprès de Jean-Paul Gaultier, qu’elle étudie et pratique les nombreuses techniques de la profession. La jeune créatrice, confortée dans son engouement pour les plumes, conclue son apprentissage par une mission dans les ateliers de l’enfant terrible de la mode.

La trajectoire des oiseaux qu’elle voyait s’envoler petite et la nature qui l’a toujours entourée inspirent pleinement le travail de la créatrice. Son jardin est une source d’émotion, l’éclosion d’une fleur observée en prenant son café le matin peut l’amener vers de nouvelles idées. Elle n’aime par ailleurs guère dessiner, et c’est en touchant les matières, en les positionnant, en les manipulant qu’elle recherche l’harmonie de ses créations.

Fabienne se fournit en matériaux aussi bien sur eBay, lors de ventes aux enchères, que dans des grands magasins de plumes. Elle aime connaître l’histoire de la plume qu’elle a entre les mains, et apprendre que certaines ont pu appartenir aux plus célèbres plumassiers des décennies plus tôt. Elle s’attache souvent à ses créations dont elle a du mal à se séparer. La créatrice travaille les plumes de nombreux oiseaux même si certaines l’attirent davantage, telles que celle du faisan et ses nombreux reflets ou celle de l’aigrette pleine de légèreté et très aérienne. Avec le temps, ses gouts ont évolué « Au début, j’adorais les plumes très iridescentes, les plumes les plus chères évidemment. J’ai vite réalisé qu’il était plus difficile de les vendre.” Chaque plume par ailleurs exige un labeur différent. Par exemple, les plumes d’aigrettes et de hérons doivent être maniées avec une extrême précaution, à l’inverse, les plumes d’oie sont très dociles et souvent utilisées pour la coloration. La singularité des plumes révèle le caractère unique de chacune des créations de la plumassière “Il est quasiment impossible de créer deux boucles d’oreille identiques : pour trouver 2 plumes semblables, il faut parfois 50 plumes”. Cette rareté ne participe-t-elle pas au charme des pièces ? De la même manière, le travail du plumassier évolue selon le support qui accueillera les plumes. Déposer une plume sur du bois ne requiert pas le même travail que sur un métal.

La signature de Fabienne réside dans son travail de la plume avec la nacre, les reflets de l’une faisant écho aux reflets de l’autre. La créatrice aime proposer des bijoux ou encore des pièces de décoration dans lesquelles se côtoient les deux matériaux en toute harmonie. En outre, Fabienne cherche à présenter des créations multifonctionnelles, telles qu’une broche devenue une épaulette, un collier aux longueurs variables, un bijou de cheveux devenu broche. Elle aime l’idée que suivant l’humeur et le moment, chacun puisse s’approprier sa création et la faire sienne.

Pour conclure, Fabienne me livre ses conseils pour se lancer dans ce magnifique métier. Elle regrette d’abord que les formations soient difficilement accessibles aux personnes de plus de 26 ans. L’aspect élitiste de son métier, souvent associé à la haute couture, ne favorise pas forcément l’épanouissement des “petites mains” des grandes maisons. A ce titre, la persévérance est sans doute une des clefs de la réussite dans le domaine. Fabienne, ayant créé sa propre marque, se doit d’en déborder. C’est la condition pour pouvoir s’exprimer en toute liberté, exposer, se faire un nom.

Notre entretien touche à sa fin. Fabienne me confie ses nouveaux projets. En cette période difficile, elle aimerait exposer dans un petit bar de Saint Germain en Laye. La créatrice est aussi agréablement surprise : en ces temps compliqués, elle n’a jamais autant vendu ses créations sur Instagram. Elle conserve dans un coin de sa tête l’idée d’exposer des pièces d’exception dans une galerie d’art.

Je remercie encore Fabienne pour sa disponibilité, sa douceur et sa pédagogie. Je vous conseille vivement, chers lecteurs, de jeter un œil à ses magnifiques créations (sur son site où son profil instagram) je suis certaine que vous imaginerez tout de suite quelqu’un de votre entourage (ou même vous ?) les porter !

Je vous souhaite un beau dimanche,

Prenez soin de vous et de vos proches,

Estelle